Confession d’un architecte de labyrinthes

Je n’ai pas commencé à écrire pour devenir auteur. J’ai commencé à dessiner parce que je ne pouvais pas faire autrement. Je suis de la génération Goldorak, Albator, Capitaine Flam, Cobra. Une génération bercée par les voix du Club Dorothée, par les combats stellaires, par ces héros solitaires qui portaient le poids de l’univers sur leurs épaules.

Ces personnages n’étaient pas que des dessins animés. Ils étaient des refuges. Quand je ne pouvais pas sortir, je créais. Quand je ne pouvais pas agir, j’imaginais. Je prenais une feuille blanche. Un feutre. Un crayon de couleur. Et je fabriquais des mondes.

Mes premiers univers

Je n’avais rien. Alors j’ai inventé. J’ai créé Le Groupe Atlantic 4. Puis Le Groupe Férinium. En noir et blanc. Des pages remplies à la main.
Des cases imparfaites. Des perspectives parfois bancales.

Mais ces histoires étaient vivantes. Elles me permettaient d’être puissant dans un monde où je ne l’étais pas.

Le Prince Aquime et la naissance de Xou

Puis j’ai voulu faire plus grand. J’ai commencé Le Prince Aquime. Pour la première fois, j’ai mis de la couleur. Pour la première fois, j’ai senti que quelque chose prenait une autre dimension. C’est là que Maître Xou est apparu. À l’époque, il était un méchant. Il avait kidnappé la future épouse du prince. Il s’était enfui dans l’espace.

Le prince traversait la galaxie pour la retrouver. Je ne savais pas encore que ce personnage me survivrait. Je ne savais pas encore qu’il deviendrait bien plus qu’un antagoniste.

Puis j’ai arrêté. Les études. La vie. La réalité. J’ai rangé mes feuilles. Mais je ne les ai jamais jetées.

Ce que je n’avais pas compris

Avec le recul, je crois que je ne dessinais pas seulement des vaisseaux. Je cherchais un endroit où exister pleinement.

Créer, c’était reprendre le contrôle. Construire un monde où les règles pouvaient être comprises. Un monde où l’épreuve avait un sens. Peut-être que le Labyrinthe est né là.

Le retour inattendu

Des années plus tard, mon fils est tombé sur mes dessins. Il les a regardés avec curiosité. Il m’a demandé ce que cela racontait. Je lui ai expliqué l’intrigue. Il ne comprenait pas. Alors je l’ai écrite. Pas pour publier. Pas pour être reconnu. Juste pour qu’il comprenne.

C’est ainsi qu’est né L’invasion des Ceyvrex. À ce moment-là, j’ai compris que je n’avais jamais cessé d’être ce jeune garçon qui dessinait. J’avais simplement mis une pause.

La double vie

Aujourd’hui, je suis formateur en informatique. Je parle de systèmes.
D’architecture. D’intelligence artificielle. De logique. Je structure.
J’explique. J’optimise. Et le soir, j’écris des dieux qui doutent.

J’écris des machines qui veulent supprimer l’erreur humaine. J’écris des labyrinthes où l’on teste la conscience. Ce n’est pas une contradiction. C’est une continuité. L’informatique m’a appris la structure. L’enfance m’a appris l’imaginaire.

La vérité sur Xou

Xou n’est pas seulement un personnage. Il est peut-être la part de moi qui observe. Qui analyse. Qui construit les épreuves. Mais il n’est pas seul.

Les aventuriers, eux, représentent mes doutes. Mes contradictions. Mes combats intérieurs. Le Labyrinthe n’est peut-être pas une invention. Il est peut-être une métaphore.

Ce que je cherche vraiment

Je ne cherche pas la perfection. Je ne cherche pas la reconnaissance. Je cherche à comprendre. Pourquoi l’humain résiste. Pourquoi il doute.
Pourquoi il continue malgré la peur. Peut-être que j’écris pour répondre à mes propres questions.

Peut-être que j’écris pour ne pas oublier l’enfant qui dessinait des robots sur des feuilles blanches.

Et au centre…

Au centre de ma famille imaginaire, je vis des émotions que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Mon monde est né d’un enfant qui dessinait des galaxies. Il vous accueille aujourd’hui avec la même sincérité.